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From: Stefaan Smis
List Editor: Tim Carmichael <mrtim@mail.h-net.msu.edu>
Editor's Subject: AFRICA FORUM #7: 'Vers une Afrique Centrale sans Etats'
Author's Subject: AFRICA FORUM #7: 'Vers une Afrique Centrale sans Etats'
Date Written: Tue, 19 Sep 2000
Date Posted: Wed, 20 Sep 2000 07:34:29 -0400

        Centre des etudes africaines de Bruxelles
        <ssmis@vub.ac.be>
                and

        Saskia Van Hoyweghen
        Centre des etudes africaines de Bruxelles
        <svhoyweg@vub.ac.be>

[** AFRICA FORUM est une serie de H-Africa qui presente des
essais ecrits par des africanistes a travers le monde.
AFRICA FORUM #7 nous est propose par Stefaan Smis et Saskia
Van Hoyweghen du Centre des etudes africaines de Bruxelles.

Cette version francaise suit la version anglaise. Les
reponses sont bienvenues dans n'importe qu'elle langue.

A la suite de quoi, les responses de trois eminents
professeurs dans les etudes d'Afrique seront envoyees, ainsi
q'un entretien special du D.R. Congo.

Les responses sont bienvenues non seulement sur l'Afrique
Centrale, mais aussi sur l'Etat en Afrique et sur les autres
themes discutes par les auteurs et leurs commentateurs
**]--eds.


                      AFRICA FORUM #7

'Vers une Afrique Centrale sans Etats - Quelques Reflexions
                        Theoriques'

        par Stefaan Smis* & Saskia Van Hoyweghen**
        (Centre des etudes africaines de Bruxelles)

Que l'Afrique traverse une phase critique de changement,
meme de crise, n'est plus conteste aujourd'hui. La crise qui
touche l'Afrique aujourd'hui et l'Afrique Centrale en
particulier est multi-dimentionnelle: elle est a la fois
sociale, economique, politique et meme environnementale. Sur
le plan du commerce mondial, on ne peut ignorer la
marginalisation economique du continent africain (surtout
depuis la moitie des annees 1980) et son effet sur la
gouvernance des Etats d'Afrique. Par ailleurs les filieres
clientelistes, au sein des etats patrimoniaux sont engagees
dans une lutte pour les ressources minerales et
environnementales qui se font de plus en plus rares (la
terre, mais aussi les aides au developpement). Cependant, ce
serait une erreur de croire que tout les conflits sont du a
la diminution des ressources naturelles. Nous sommes ici
confrontes a une crise des structures sociales et des
autorites qui perpetuent ces guerres et ces conflits. Sans
aucun doute et peut-etre plus fondamental encore, c'est la
crise de l'etat en tant qu'instrument de gouvernance qui est
en cause, en un mot, c' est l'echec des institutions, qui
devraient conduire au changement et prevenir ces violents
conflits, qui aujourd'hui devient apparent.

L'objectif de la presente contribution est de cogiter d'un
point de vue academique/sciences sociales sur la nature de
la crise en Afrique Centrale.  Cet exercice de reflexion
fait partie d'un projet de recherche initie a la VUB (Vrije
Universiteit Brussel) concernant le futur de l'Etat-Nation
en Afrique Centrale.

La fin de la periode coloniale longtemps, fut consideree
comme le debut du nationalisme africain . epoque de projets
ambitieux de construction de la nation, de developpement et
de democratisation. La structure du pouvoir colonial base
sur une bureaucratie autoritaire, l'appropriation des
surplus materiels, et le controle des marches, n'a que peu
change. En pratique, l'Etat demeure l'instrument approprie
pour l'enrichissement personnel, transformant ainsi les
economies nationales en des reseaux de patronnage tisses
autour des elites politiques au detriment de la production
economique. Au lieu d'investir dans le developpement pour le
bien commun et de creer des autorites etatiques
independantes et efficaces, l'elite politique manipule les
avantages de la souverainete nouvellement acquise pour
construire et renforcer son autorite politique. La
souverainete de l'Etat n'etait pas basee sur une legitimite
interne mais seulement sur une reconnaissance externe.

Cette reconnaissance etait utilisee pour attirer de
nouvelles ressources exterieures. Comme l'a demontre Bayart
il y a deja presqu'une decenie, l'administration
post-coloniale a virtuellement perpetue l'Etat colonial
(Bayart, 1993). Chabal et Dalloz ont recemment reitere qu'en
realite, la maniere dont les systemes politiques africains
fonctionnent devrait etre analyse en tant que tel et non pas
comme une mauvaise imitation des modeles de l'Etat
occidental.

La majorite des pays africains sont independants depuis plus
de trois decenies et nous ne devons pas nous faire
d'illusions, dans les circonstances actuelles, il n'y aura
pas de creation d'Etats du type Weberien ou de democraties
de type occidental. Il semble important que nous puissions
faire un serieux effort pour analyser les nombreux conflits
des dernieres decenies , au lieu d'insister sur l'echec de
transposition de nos notions, nous devons abandonner nos
definitions occidentales sur l'Etat et la societe et
commencer a etudier comment les africains percoivent ces
notions comme la communaute politique, l'identite et la
responsabilite gouvernementale. En consequence, se limiter a
l'etude du "dysfonctionnement"  de l'Etat n'offre que des
perspectives limitees. Etre seulement critique semble trop
facile et comparer la formation de l'Etat en Afrique avec
les theories universalistes sur la formation de l'Etat,
basees sur les trajectoires occidentales, nous donne une
image trop simpliste (voir par example Chabal & Daloz,
1999).

Depuis la fin des annees 80, la pratique du patrimonialisme
vecut un moment difficile en raison de l'epuisement des
ressources internes et de l'imposition de nouvelles
conditions pour le patronage externe. Ceci annoncait la fin
des reseaux de patronage existants sur une grande partie du
continent et la fin de l'accommodation des elites dans
l'ordre post-colonial. Donc meme si le modele de
developpement de l'Etat-Nation en Afrique avait comme
objectif de reussir l'unite et l'integration nationale, la
maniere dont les ressources furent attribuees et le pouvoir
consolide, provoqua une competition pour ces rares
richessses.  Dans beaucoup de pays dit faibles, les reseaux
politiques et informels de patronage ne pouvaient plus
servir les interets des elites locales, les forcant a
trouver de nouvelles strategies pour extraire ou approprier
ces ressources.  Les changements globaux a la fin de la
guerre froide ont crees de nouvelles opportunites
commerciales dans des circuits essentiellement illegaux (cf.
McGaffey and Baznguissa, 2000; Reno; 1998).

S'il est politiquement indecent d'emettre un jugement moral
sur la maniere dont les politiques africaines fonctionnent,
nous devons quand meme souligner le cout enorme d'un tel
systeme de patronnage au niveau social, et economique.
L'echec de l'Etat est selon nous l'aspect le plus grave de
la crise en Afrique centrale contemporaine. C'est l'absence
d'un instrument pour absorber les chocs qui secouent le
continent qui explique la crise actuelle.

Les scientifiques sont donc confrontes a un double probleme.
A un 'niveau descriptif', de nouveaux modeles sont requis
(ainsi que l'ont deja argumente Chabal & Daloz) pour
observer les systemes africains de pouvoir et de
gouvernance. Considerer les developpements politiques dans
l'Afrique post-coloniale comme purement l'echec de l'Etat ou
de la democratie, ne nous mene pas loin dans la recherche
des dynamiques qui gouvernent les societes africaines. En
fait, les sciences sociales ou humaines n'ont qu'une
connaissance limitee pour comprendre comment le pouvoir est
cree, reproduit ou eprouve en Afrique. En plus, les theories
qui se concentrent sur l'echec de l'Etat ignorent souvent
les realities sur le terrain. Il faut noter que l'Afrique
vit sa modernite propre et que le "dysfonctionnement" de
l'Etat est en grande partie instrumentalise par les elites
africaines dans leur lutte pour la survie.

En fait les evenements en Afrique defient et intriguent les
scientifiques occidentaux. Depuis des decenies, l'Afrique a
servi comme objet / terrain de recherches pour les
occidentaux. En effet, la sociologie etait consideree comme
une science etudiant 'notre' (c'est-dire occidentale)
societe alors que l'anthropologie devait etudier l'autre'
(la societe non-occidentale). Ceci precisement pour
confirmer le fait que l'Afrique etait differente. Les temps
ont change et dans cette periode de globalisation, la
definition classique de 'nous' en opposition a 'eux' est de
plus en plus discutable. Comme le dit Doom, il est temps de
reintroduire les aspects 'espace' et 'temps' dans les
sciences sociales (Doom, 2000).

L'etude de l'Afrique devrait atteindre un equilibre entre
une approche structuraliste et particulariste. En d'autres
termes, quand il est impossible d'approcher l'Afrique comme
separee des developpements globaux, il est aussi important
de regarder la maniere particuliere dont ces phenomenes se
manifestent en Afrique (c'est-a-dire les formes culturelles
relatives a la crise politique et economique).  A notre
avis, la crise actuelle n'a rien a voir avec une
soit-disante re-tribalisation de la societe africaine ni
avec un retour au passe. L'Afrique n'est pas victime de son
passe: les politiques patrimoniales, l'importance de
l'ethnicite etc, sont des phenomenes modernes qui repondent
a des changements modernes.  Aussi bien dans la recherche
scientifique que dans la politique quotidienne, nous devons
associer les donnees locales avec les developpements
nationaux et internationaux de maniere structurelle et nous
abstenir de traiter l'Afrique comme une chose mise en
quarantaine ou dans une categorie 'apartheid' (Doom, 2000).
Ainsi par exemple quand la formation de nouvelles identites
politiques est un phenomene mondial repondant a des
changements globaux (comme l'immigration croissante, la
regionalisation economique etc.), la maniere par laquelle
ces identites culturelles sont definies est tres differente.
La difference culturelle ne doit neanmoins pas nous induire
en erreur, parce qu'elle n'est que l'emballage d'un contenu
plus essentiel.

Mais pouvons nous, d'autre part, nous limiter a observer
comment une grande partie de l'Afrique Centrale continue a
s'effondrer. Ne serait-il pas possible d'apporter une
contribution scientifique a des exercises de gouvernance
pour la resolution des conflits et ainsi contribuer par des
idees novatrices a la reconstruction de l'Etat ? S' il est
possible en Europe de discuter positivement des questions de
gouvernance et d'autorite de l'Etat, pourquoi ce meme debat
ne serait-il pas possible en Afrique? La Belgique est un bon
exemple ou les differences culturelles ont ete abordees dans
la limite des frontieres existantes. La Communaute
Europeenne aussi, nous fourni l'exemple comment les
structures regionales et nationales ont ete tissees. Ces
exemples montrent qu'il est bien possible de combiner la
protection des minorites culturelles avec la gouvernance
regionale. Nous ne voulons pas pretendre que le modele de
gouvernance de l'Union Europeenne devrait une fois de plus
etre importe en Afrique afin de resoudre les conflits en
Afrique Centrale. Mais pourquoi ne serait-il pas possible de
debattre creativement sur l'adaptation des institutions de
sorte qu'elles puissent mieux refouler les conflits et
finalement creer et sauvegarder la paix et la stabilite. En
evitant ce debat, la reponse a certaines questions
fondamentales est seulement remise a plus tard.

Les points suivant nous paraissent cruciaux:

1. Il y a un besoin de reconcevoir l'Etat comme construction
juridique. Si l'Etat est un instrument de gouvernance sur un
territoire specifique, la question des frontieres en Afrique
Centrale devient de plus en plus importante (Smis, 2000 ;
Mbembe, 1999). Nous savons tous que les frontieres en
Afrique Centrale sont de plus en plus remises en question.
Il y a d'abord la competition pour les ressources naturelles
transfrontalieres. Ensuite, le probleme des refugies et des
mouvements armes qui demeurent politiquement actifs et
continuent a poser un probleme de securite dans les pays
d'origine. Il y a aussi et surtout un probleme de leadership
et de controle de l'entierete du territoire etatique par les
autorites nationales. Enfin, certains principes de l'OUA
garantissant une certaine stabilite en Afrique sont de plus
en plus remis en question. Le defi est donc de
reconceptualiser les frontieres afin d'ameliorer la
gouvernance dans le contexte particulier de l'Afrique
Centrale. Pour ce faire, il faudra tenir compte d'une part,
du principe d'intangibilite des frontieres comme proclame
par l'OUA en 1964, mais aussi du caractere particulier des
frontieres africaines, c'est-a-dire qu' a la difference des
frontieres europeennes qui sont elles des frontieres
limitees, en Afrique ce sont surtout des frontieres zones
qui separent les Etats.  C'est en ayant egard a cette
caracteristique des frontieres africaines, c'est-a-dire le
fait d'etre essentiellement une zone au lieu d'une ligne
separatrice, qu'il sera possible de trouver une solutions
aux problemes frontaliers en Afrique. Il faudra donc
reflechir pour trouver des mecanismes regionaux pour gerer
les frontieres inter-etatiques.

2. Un second volet concerne la question de la formation
d'une nation-Etat.  Nous avons deja longuement parle de
l'Etat, mais la question de la nation est tout aussi
importante. Nous avons besoin de mieux comprendre comment
les populations en Afrique definissent leur appartenance
politique a la societe.  En particulier dans le contexte
present de mobilite accentuee (due au processus de
migration, c.-a.-d. voyages, pastoralisme, et migration
forcee), des nouvelles affinites se developpent (comme, par
exemple, l'identite ethnique ou les reseaux religieux), qui
transcendent et defient l'Etat nation. Le concept de
nationalite, par exemple, devra etre redefini en prenant
compte des realites sur le terrain.

A cet egard d'importants progres ont deja ete realises par
un groupe d'academiciens de l'Afrique des Grands Lacs qui
ont discute du concept de la citoyennete ou nationalite
pluri-nationale. Il ne faut toutefois pas perdre de vue
qu'une identite parfaite entre nation et Etat ne sera jamais
atteinte (n'est pas necessaire par ailleurs). Au dela de
l'identite nationale et de la citoyennete, d'autres
identites comme le sexe, l'ethnicite et la race se
traduisent par une signification politique accrue. Un
nouveau domaine de recherche s'est ouvert et se concentre a
l'etude de la politique du contexte spatial, l'identite et
le transnationalisme. Neanmoins, l'Etat comme structure
politique n'a pas disparu. Au contraire, ces nouvelles
identites se sont soit definies par rapport a l'Etat ou sont
pretexte a l'occupation du pouvoir etatique. Le Rwanda
illustre bien ce que nous voulons demontrer.  La communaute
vivant dans la diaspora se definissait comme Banyarwanda
(une reference a un lieu particulier presque mythique
considere comme foyer natal et lieu de retour oblige) et
forma une organisation politique pour justifier cette
exigence du retour au lieu d'origine et meme de reconquerir
l'Estat. Le retour d'une population exilee comptant plus
d'un demi million est l'extrapolation de cette politique du
mal de pays.

3. Pour les sciences sociales il est crucial de mieux
comprendre comment les identites sociales sont definies
vis-a-vis l'Etat et comment la communaute politique est
interpretee. S'il y a des indications que les identites
sociales deviennent de plus en plus deterritorialisees, il y
a un autre developpement qui est souvent meconnu ou rejete ;
c'est l'exclusion des populations considerees non-indigenes.
Nous retrouvons ce phenomene non seulement en RDC (en ce qui
concerne les Banyamulenge) mais aussi au Senegal, en
Tanzanie (des pays avec une longue tradition hospitaliere
mais qui deviennent de plus en plus hostiles envers les
populations refugiees) ou le Zimbabwe (avec la formulation
des demandes contre les proprietaires fonciers et qui ainsi
mettent en cause le statut d'un population blanche
appartenant a une societe africaine) ou encore les pays avec
de populations pastorales, non-sedentaires. Comment la
notion d'appartenir a une communaute politique peut-elle
acquerir un caractere plus globalisant ?  Si on veut mettre
fin aux conflits, ceci est peut-etre l'un des defis majeurs.

4. La question de la competition de plus en plus violente
pour les ressources naturelles demande une etude plus
approfondie. Des reponses a cette question devrait
contribuer a repenser le role de l'Etat (aussi bien envers
les acteurs internationaux qu'envers la population locale)
dans le domaine de la regulation des ressources naturelles
et de la conservation de l'environnement .  Ceci devrait
aussi contribuer a mieux comprendre la relation entre
l'appartenance sociale et la regulation et l'acces aux
ressources naturelles. Plusieurs conflits en Afrique
Centrale trouvent en effet leur origine dans cette lutte
pour ces ressources. Dans des regions a population dense
comme la region des Grands Lacs, la lutte pour la terre est
celle pour la survie et l'identie ethnique est souvent
utilisee comme moyen de justification pour limiter l'acces a
la terre. Neanmoins et une fois de plus, cette situation ne
doit pas etre consideree comme un fait accompli mais on doit
en tenir compte de facon constructive.

En guise de conclusion, nous dirons que les defis de
l'Afrique Centrale sont nombreux. Les questions
fondamentales evoquees ici devront a un certain moment etre
addressees, non seulement par les scientifiques, mais
surtout par les tenants du pouvoir. La maturite
intellectuelle en Afrique est reelle pour mener a bien une
telle entreprise et peut-etre le moment est propice
d'envoyer un autre message a travers le monde. C'est aux
Africains de prendre l'initiative pour se transformer
eux-memes de facon positive. (voir Mkandawire). En fin de
compte c'est la responsabilite du leadership africain
d'aujourd'hui d'envoyer ce signal positif.


* Stefaan Smis est assistant a la Faculte de Droit de la
Vrije Universiteit Brussel. Il prepare une these de doctorat
sur le droit a 'l'autodetermination des peuples'. Sa
recherche se concentre principalement dans le domaine des
droits de l'homme, les perspectives africaines au regard du
droit international et les aspects juridiques lies au
territoire.

** Saskia Van hoyweghen est chercheur a la Vrije
Universiteit Brussel (Facultes de Droit et de Science
Politique). Elle est aussi Vice-presidente du Brussels
Centre of African Studies. Elle a travaille sur les
questions de la terre, la villagisation et la reconstruction
post-genocide au Rwanda.  Elle s'interesse pour le moment a
la problematique de la migration, a l'identite et a la
formation de l'Etat dans la region des Grands Lacs.

BIBLIOGRAPHIE

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du ventre_, Paris: Fayard.

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_Congo-Paris. Transnational Traders on the Margins of the
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Achille Mbembe, 1999, 'At the Edge of the World. Boundaries,
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Thandika Mkandawire, 1999, 'Shifting Commitments and
National Cohesion in African Societies', in: Lennart
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Thandika Mkandawire, 1999, 'African Intellectuals and
Nationalism in the Changing Global Context' keynote address
to 'International Conference on New African Perspectives',
University of Western Australia, 26 Nov. 1999.

William Reno, 1999, _Warlord Politics and African States_,
Boulder & London:  Lynne Riener.

Stefaan Smis, 2000, 'The Legal Status of International Land
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_Politics of Identity and Economics of Conflict in the Great
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